« Dans le tumulte, la paix… »

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Méditer sur les fleurs

Elles sont réelles ! Ça avait l’air presque trop parfait. Je mentionne au début de « Nouvelle Terre » quelque chose concernant les fleurs, que les fleurs ont été traditionnellement associées à la réalisation spirituelle et comme étant presque des messagers du royaume de la transcendance. Jésus parlait des fleurs. « Regardez les fleurs », disait-il. Il ne disait pas, comme on le dit dans les traductions : « Considérez le lys des champs ». Il n’a pas dit ça. Il disait : « Regardez les fleurs ! »

J’ai également mentionné le célèbre « Sermon silencieux » du Bouddha que vous pouvez vous rappelez. Bon, vous le rappeler bien sûr pour l’avoir lu à moins que vous ayez été là quand il l’a fait !

Il a brandi une fleur et il a souri un peu sans dire le moindre mot. Tout le monde est resté perplexe.

Cela montre, en passant, le niveau approximatif de la réalisation spirituelle : le fait que tout le monde est resté perplexe, sauf une personne qui a soudainement compris.

Évidemment, la personne qui fait un doctorat consacré au bouddhisme va dire : « Qu’est donc cette chose que cette personne a soudainement comprise ? » En fait, son mental s’est arrêté et elle a souri naturellement, parce qu’elle a pu sentir la vie qui est plus profonde que la forme. Elle a vu la fleur enêtre une expression, tout comme elle-même et les expressions momentanées du Bouddha ; elle a réalisé cela : « Ah ! » C’est tout.

Je recommande vraiment la méditation sur la fleur, non pas en se disant : « Maintenant, je vais méditer sur une fleur ». Mais d’une façon complètement naturelle. Si vous avez des fleurs à la maison, de temps en temps, prenez simplement quelques minutes. N’en faites pas trop, juste 3, 4, 5 minutes, 2 minute, une minute. Simplement, regardez une fleur et permettez à la fleur de vous aider à cesser de penser. Reconnaissez la présence silencieuse de la fleur, parce qu’elle est très silencieuse. La fleur est tout à fait tranquille. Elle ne pense pas. Elle est vivante. Elle ne pense pas, elle est là dans ce champ de tranquillité. Simplement, elle est, mais si vivante.

Donc, pendant une, deux ou trois minutes, la fleur peut vous apprendre à être complètement dans une dimension du silence, relié à la source, comme l’est à l’évidence la fleur très profondément, parce qu’elle ne s’est pas éloignée de la source autant que les humains. D’une certaine façon, elle s’en est même moins éloignée que les animaux. Elle reste plus proche de la source, étant donc une expression de la source.

Vous permettez donc à la fleur de vous relier à la source, en vous-mêmes, là où se fait la rencontre.

Vous ne reconnaissez pas seulement la beauté extérieure de la fleur. Sans pensez, quand vous regardez la fleur, voyez si vous pouvez relâcher toute pensée, y compris la pensée « Oh, c’est une belle fleur », ce qui est déjà la réduire. Ce qu’elle est n’est pas une belle fleur, elle est bien plus vaste que ça. Vous ne pouvez pas accéder à cette immensité à moins de devenir une ouverture sur l’immensité de la vie elle-même. Dès l’instant où vous avez dit que c’est une jolie fleur, vous pensez savoir ce qu’elle est, mais vous l’avez déjà réduite à quasiment quelque chose de ridicule.

Donc, vous vous rendez compte de combien la fleur est silencieuse. Quand vous la regardez et voyez sa beauté, vous vous accordez aussi au silence, à la tranquillité qui se trouve en elle et autour d’elle.

Évidemment, dès l’instant où vous vous accordez au silence autour de la fleur, vous devenez vousmêmes silencieux. Vous ne pouvez pas vous accorder au silence et demeurer bruyant. S’accorder au silence veut dire y participer. C’est une méditation magnifique.

Si vous avez des fleurs à la maison, faites-le tous les jours. C’est bien d’avoir au moins une fleur à la maison. Vous pouvez aussi faire un bouquet de fleurs, mais je pense qu’une seule fleur, c’est presque plus puissant. Vous pouvez prendre la totalité, c’est aussi très bien, mais… Je peux passer toute la journée à montrer et regarder ça.

Est-ce mal de ressentir la paix et le calme quand on a récemment perdu un être cher?

« Mes fils se sont noyés dans la mer il y a dix mois. J’ai pu m’y abandonner, mais quand j’ai ressenti la paix et le calme, j’ai eu l’impression que ce n’était pas normal. Ce n’était pas dans l’ordre des choses de ressentir la paix et le calme en vivant une perte de cette nature. »

Avec la façon naturelle de vivre la mort d’un être cher, il y a d’abord de la souffrance et ensuite un approfondissement. Et dans cet approfondissement, vous parvenez à un endroit où il n’y a pas de mort. Je parle maintenant à la personne qui a posé la question et qui n’est pas ici : le fait que vous ayez ressenti cela veut dire que vous êtes allé suffisamment profond à l’endroit où il n’y a pas de mort. Maintenant, le mental étant conditionné par la société, par le monde contemporain dans lequel vous vivez et qui ne connaît rien au sujet de cette dimension, il vous dit que quelque chose ne va pas là. Votre mental vous dit : « Je ne devrais pas être en paix. Ce n’est pas ce que l’on ressent dans une circonstance comme celle-ci ». Or, c’est une pensée conditionnée par la culture dans laquelle vous évoluez.

À la place, quand cette pensée se présente, vous pouvez simplement la reconnaître comme une pensée conditionnée qui n’est pas vraie. Cela ne veut pas dire que des vagues de tristesse ne reviennent pas de temps en temps, mais entre les vagues de tristesse, vous ressentez cette paix. En ressentant cette paix, vous pouvez également ressentir l’essence de vos enfants, l’essence intemporelle.

La mort est une chose très sacrée et non pas seulement une chose épouvantable. Quand vous réagissez contre la perte de la forme, c’est épouvantable. Quand vous allez suffisamment profond dans le sans-forme, ce qui était épouvantable devient sacré. Vous ressentez les deux niveaux quand l’un de vos proches décède. Oui, c’est épouvantable au niveau de la forme ; à un niveau plus profond, c’est sacré. Et la mort peut vous permettre de trouver cette dimension en vous-même et si vous trouvez cette dimension en vous-même, vous aidez d’innombrables autres êtres humains, si vous trouvez la dimension sacrée de la vie. La mort peut donc vous aider à trouver la dimension sacrée de la vie, là où la vie est indestructible.

L’abandon peut ouvrir cette porte pour vous, la pleine acceptation. Honorez cette dimension sacrée et reconnaissez, quand votre mental vous dit que ça n’est pas normal de ne pas souffrir, que ce n’est qu’un conditionnement, que ce n’est pas la vérité. C’est la suprême vérité.

La mort est toujours une fenêtre sur le sans-forme, quand vous l’acceptez, vous y abandonnez, parce que la forme est partie . . . Votre mental fait silence quand vous vous abandonnez à la mort d’un proche. Ce n’est pas à travers des explications que vous acceptez la mort. Des explications sont données, des explications mentales : « Ils poursuivent leur chemin ; ils vont se réincarner, aller dans un endroit de repos ». Cela peut soulager, mais vous pouvez aller plus profond, là où vous n’avez même plus besoin d’explications, là où vous réalisez immédiatement l’aspect sacré de la mort, parce que ce qui s’ouvre quand la forme disparaît, c’est la vie qui est au-delà de la forme et c’est sacré. C’est la seule chose qui soit sacrée. Ce n’est pas une chose ! C’est la dimension sacrée.

Vous pouvez en avoir un léger aperçu, un infime aperçu, quand vous perdez quelque chose et que vous acceptez complètement que la chose ait disparu. C’est un infime aperçu de la mort et il peut vous donner une légère compréhension, perception, et peut-être bien plus si vous êtes

Comment servir et aider face aux idéologies de plus en plus extrêmes ?

– Q. – Bonjour Eckhart ! En fait, ma question concerne la façon d’être face aux divisions qui ont cours en ce moment. Je suis témoin de ce qui se passe, en particulier dans mon pays, les États-Unis, et dans ma propre famille, mais aussi sur le plan international. J’ai envie d’être l’espace pour cela, mais en étant alors ici, il semble que les choses empirent, de façon de plus en plus effrayante. Vous avez parlé d’effondrement. J’aimerais juste avoir de l’aide par rapport à toutes ces divisions. Comment servir, comment aider face aux idéologies de plus en plus extrêmes ?

– E. – Eh bien, il s’agit bien sûr de ne pas y participer ! Sans le savoir, on y participe de façon insidieuse en condamnant ceux qui semblent être du côté le plus inconscient. Et évidemment, tout ce que l’on fait en condamnant ce qui nous semble être le côté le plus inconscient, c’est qu’on le renforce. Et, en l’ignorant, on fait partie des divisions, des opposants. Vous pouvez affirmer vos opinions si vous le voulez, nous pouvons avoir des opinions, sans attaquer les autres. On exprime simplement la façon dont on voit les choses.

C’est par rapport à votre mental qu’il vous faut être vigilant. Tout commence dans votre mental et, soit vous restez présent, soit vous perdez la présence. Vos pensées, ces mouvements mentaux d’énergie, collectifs et colossaux, sont comme des courants d’énergie, comme des nuages énormes d’énergie mentale, pourrait-on presque dire, des nuages collectifs générés par des millions de gens. Et il est très facile de tomber là-dedans.

Parfois, ce genre de nuages peut planer sur des nations pendant plusieurs années et prendre possession du mental individuel des gens, conduisant parfois à des divisions bien plus extrêmes que celles que nous percevons aux États-Unis en ce moment : par exemple, la guerre civile espagnole où les gens s’entretuaient, environ un million de morts ; à l’intérieur d’une famille, les gens se divisent même à l’intérieur d’une famille, s’entretuant ; entre les républicains nationalistes, les communistes, les nationalistes, quelle que soit leur appellation…

Parfois, un nuage mental de ce genre peut s’emparer du mental de presque tout le monde et ce mental est alors dominé. Le communisme soviétique a été quelque chose comme ça. Pendant des décennies, ce nuage affectait tout le monde. C’était un champ d’énergie mental collectif, des vues et des idées fixes, avec des croyances paranoïaques qui en résultaient, des ennemis et autres. L’Ouest a évidemment réagi et dans une certaine mesure, quelque chose du même genre s’est développé. Ce n’était pas aussi fort à l’Ouest, mais il y avait ce qui était appelé la guerre froide. Paranoïa ! Souvent, la paranoïa en fait grandement partie.

Or, ces mouvements collectifs sont en fait égoïques. Ils sont une représentation collective de ce qu’est l’égo sur le plan personnel. Donc, ce que nous voyons en fait sont d’amples manifestations de l’égo sous forme collective. S’il est une chose qui soit plus démente que l’égo personnel, c’est l’égo tribal. Il est beaucoup plus dément. Une fois que vous rejoignez l’égo tribal, vous en faites partie. Il vous entraîne dans un niveau de conscience beaucoup plus bas que celui qui était le vôtre au départ. De bonnes personnes peuvent subitement être entraînées là-dedans et leur niveau de conscience s’effondre. Quand cela arrive, les bonnes personnes sont également capables de perpétrer des actes de violence et toute forme d’inconscience.

Un autre exemple très marquant en est le nazisme en Allemagne dans les années 30 et 40. C’est un autre champ d’énergie égoïque colossal qui a pris possession du mental des gens. Cela a évidemment été généré par l’inconscience des individus, mais c’est devenu comme une entité qui s’est emparé du mental de tout le monde. Il vous faut alors voir les choses pour ce qu’elles sont. Ce n’est pas qu’il y a tout à coup ces gens malfaisants ou tels qu’on les voit, lesquels prétendent évidemment que c’est l’autre côté qui est malveillant, croyances paranoïaques entre autres.

Ne voyez pas ces choses en termes personnels. Vous devez regarder au-delà pour percevoir l’inconscience sous-jacente. Il s’agit d’une maladie mentale. En fait, c’est comme une épidémie qui prend de temps en temps possession de certaines nations. Elle a tendance à se produire dans des nations plus grandes et plus puissantes. Il est moins probable que cela se passe au Danemark ou aux Pays-Bas. D’ailleurs, ils aiment bien avoir du bon temps et fumer. Ils sont plus détendus.

Cela passera, tôt ou tard. « Cela aussi passera ». C’est une forme d’égo que l’on peut voir là, l’égo amplifié, l’égo collectif. Ayons de la compassion pour tous ceux qui sont pris dans ce piège. Ils souffrent d’une diminution temporaire des capacités mentales. C’est une forme de maladie. Ils finiront par aller mieux. En attendant, vous avez la responsabilité de ne pas plonger dans ce champ d’énergie de quelque façon que ce soit. Reconnaissez-le pour ce qu’il est et la compassion émergera, compassion envers les deux côtés et en particulier envers le côté que vous percevez comme inconscient et paranoïaque.

Vous pouvez toujours faire remarquer ce que vous percevez comme des points de vue erronés, exprimées ici ou là, si vous vous sentez obligé de le faire, mais vous ne participez pas au jeu stupide qui consiste à juger, accuser, insulter. N’y participez pas ! Restez en paix. Réalisez que cela passera. Rappelez-vous cette phrase : « Cela aussi passera ». Et soyez simplement là en tant que témoin. Cela est arrivé périodiquement au cours des siècles et jusqu’à ce que l’humanité s’éveille, cela continuera de se produire.

Et donc : compassion, silence, acceptation, reconnaissance de ce qui est… Et tout ce à quoi vous contribuez alors, c’est une énergie différente, la paix, une énergie beaucoup plus paisible. Vous ne faites pas partie de l’inconscience. Ne participez même pas à ceux qui combattent l’inconscience. On ne peut pas combattre l’inconscience. Alors, appréciez !

– Q. – Merci.

Faire des efforts pour obtenir la grace?

– Q. – J’ai une question à propos de l’effort. J’ai vécu certaines expériences dans ma vie au cours desquelles je dirais que j’étais vraiment éveillée et je peux voir qu’elles n’ont pas été dues à quelque chose que j’ai essayé de faire pour être éveillée. Ensuite, j’ai effectivement passé beaucoup de temps à essayer de m’éveiller, à essayer d’être là. Parfois, ça marche vraiment pendant une courte période et les pensées reviennent, mais ce que j’aimerais vraiment trouver c’est le moyen pour retrouver cet état où je suis vraiment éveillée. Et je me demande s’il y a quelque chose à faire en rapport avec l’effort.

– E. – L’effort ?

– Q. – Un effort pour permettre la grâce !

– E. – Ah ! Oui, OK ! Si vous abordez ça en voulant essayer de vous éveiller, vous avez déjà créé un problème d’une certaine manière, parce que vous essayez. Vous essayez d’arriver quelque part, à l’état d’éveil. En faisant des efforts, d’une certaine manière, vous avez déjà également créé un problème. Peut-être pourrais-je dire que le moyen le plus rapide d’atteindre l’état d’éveil est de vivre dans l’acceptation du moment présent tel qu’il est. Or, vous ne pouvez pas essayer de le faire. Vous acceptez ou bien vous n’acceptez pas.

En réalité, l’acceptation ne demande aucun effort. La non-acceptation demande un effort. L’effort est normal, habituel, et c’est pourquoi il n’est pas reconnu comme tel. L’état d’effort est celui dans lequel la plupart des gens vivent continuellement, d’une manière ou d’une autre, et quand ils en viennent à la pratique spirituelle, ils gardent avec eux cette habitude, mais il n’y a aucun effort dans l’acceptation du moment présent tel qu’il est. Or, si vous êtes dans la résistance au moment présent, vous êtes dans l’effort.

Or, la résistance est si habituelle qu’elle semble normale, comme s’il n’y avait aucun effort. On n’est pas conscient qu’il s’agit d’un effort et le moyen facile semble difficile. C’est ce que l’égo a fait : ce qui est difficile semble normal et presque facile et ce qui est facile en réalité semble très difficile. Donc, est-ce que je suis capable d’accepter l’instant présent tel qu’il est ? On peut aussi se poser cette question : est-ce que je suis disposé à accepter ce moment ? Oui ! C’est sans effort. C’est ainsi que vous ouvrez la porte à la grâce. C’est votre contribution. Tout ce que vous avez à faire, c’est ouvrir la porte et la grâce se manifeste quand elle se manifeste. C’est tout.

Pour ouvrir la porte, en fait, aucun effort n’est requis : je suis disposé à dire « oui » au moment présent tel qu’il est. La grâce est alors l’afflux de quelque chose qui provient d’un endroit plus profond de la personne, mais elle n’est pas séparée de qui vous êtes. Elle passe par cette porte ouverte. Si vous vivez dans la résistance à ce qui est, la grâce ne peut pas venir en réalité, même si elle aimerait bien. Elle ne peut pas. Votre contribution est donc très simple et ne demande en fait aucun effort, simplement, comme le dit le « Cours en miracles », un léger empressement, juste un léger empressement. Suis-je disposé à dire « oui » au moment présent ? C’est la fin de l’effort.

Vous pouvez bien sûr aborder cela d’une perspective différente, sous un angle différent. On peut se dire : suis-je capable de faire silence maintenant ? Est-ce que je peux faire silence en faisant un effort pour être en silence ? Je ne pense pas. Nous pouvons peut-être créer un état artificiel de silence, de tranquillité en contractant le corps, en arrêtant de respirer et en espérant qu’en même temps, le mental s’arrêtera aussi. Ça peut marcher un peu pendant quelques secondes et puis . . . Le mental sera même plus actif qu’avant. « Je n’y arrive pas. Tu vois bien, ça ne marche pas ! »

Là encore, pour faire silence, si vous l’envisager comme s’il y avait quelque chose que vous avez à faire ou à fournir, ça crée de l’effort et ça ne marche pas. Pour faire silence, il vous suffit de diriger votre attention sur le silence qui est déjà là, sous le penser. Vous êtes déjà silencieux. Vous pouvez ne pas le savoir, mais vous êtes déjà silencieux. L’immensité est déjà là sous le bruit mental. Vous amenez donc de l’attention là, ce qui ne demande aucun effort. Vous êtes déjà silencieux sous le penser. Il n’y a pas d’effort. Dès qu’il vous semble que vous devez faire un effort, ce n’est pas l’approche juste. Les efforts ne vous mèneront pas là.

Or, parfois, quand vous accédez à cette présence, à ce silence, à la présence, il y a là une intensité qui n’est pas de l’effort, mais qui pourrait être faussement interprétée comme si elle était de l’effort. C’est une intensité de présence comme maintenant : . . . Il n’y a pas d’effort, parce que l’effort implique que vous ne soyez pas encore là. Vous êtes là. Donc, pour maintenir le silence, il y a parfois une intensité qui émerge et ce n’est pas de l’effort. C’est juste une intensité de conscience. Vous allumez la lumière. Pas d’effort ! Donc, abandonnez tout effort et emprunter le chemin sans effort, ouvrez la porte. Le plus facile est probablement le « oui » au moment présent et la porte se trouve là et la grâce arrive. Merci.

Quelle est la relation entre l’égo, la conscience et le silence, pendant que nous dormons et rêvons ?

– Q. – Merci pour cette occasion ! Lors de la dernière conversation que j’ai eue avec mon fils mourant d’un cancer à 14 ans, il y a 13 ans, après avoir prié ce soir-là, il m’a demandé : « Maman, comment puis-je être plus conscient de la présence de Dieu ? ». Ce fut sa dernière question. Ainsi, je suis restée un moment dans le silence et j’ai répondu : « Il n’y a rien que nous puissions faire si ce n’est demander pour qu’il nous soit donné alors ». Il ne dit pas un mot. Il bougea simplement ses mains et ce fut comme s’il saisit ce qui était dans l’air. Il saisit la chose, sourit et me serra dans les bras. J’ai senti qu’il me fallait ce soir partager cela avec vous et l’assistance.

Et voici ma question, Eckhart : quelle est la relation entre l’égo et la conscience, le silence, pendant que nous dormons, en particulier la nuit, lors du sommeil prolongé ? Je sais, quand le mental est actif alors que nous rêvons, que nous avons l’impression que c’est la réalité, mais parfois, nous sommes conscients que ce n’est pas la réalité. Or, j’ai envie de maintenir cette réalité. Je me sens magnétisée, aimantée. Donc, quelle est l’interaction qui a lieu là ?

– E. – Merci. Il y a deux dimensions concernant le sommeil. Pour l’une, c’est quand vous dormez et rêvez et l’autre, c’est la vie normale où il y a également l’identification à toutes les choses que le mental produit. Il y a bien sûr un lien entre les deux. Le point principal de ce que nous faisons, de l’éveil, invite à s’éveiller dans le rêve appelé la vie ordinaire. La présence qui arrive alors dans votre vie, c’est la désidentification d’avec les schémas mentaux, les conditionnements mentaux et émotionnels, l’égo. C’est la désidentification complète d’avec le mental, à savoir l’égo.

Il peut arriver que cela finisse par affecter aussi ce qui se passe dans vos rêves, par transformer la nature de vos rêves. Vos rêves peuvent devenir plus insouciants ou plus agréables. Pendant les rêves, vous pouvez aussi en venir de temps en temps ou plus souvent à être consciente que vous êtes en train de rêver. Cela peut être très plaisant. La chose la plus importante, c’est évidemment de devenir consciente dans la vie ordinaire que vous rêvez, quand vous rêvez, quand vous êtes complètement identifiée au mental, devenir consciente à ce niveau. Ensuite, cette conscience peut se produire également dans les rêves. Vous vous dites tout à coup : « Oh, je peux faire tout ce que je veux, ce n’est qu’un rêve ! » Habituellement, on se réveille peu après.

L’égo diminue peu à peu quand vous cessez de vous identifier autant au mental et c’est l’une des raisons pour lesquelles la nature de vos rêves devient plus insouciante, parce que l’égo vit dans une réalité violente : ennemis, combats, défensive, agression. Tout cela est reflété dans les rêves.

Habituellement, des émotions sont associées aux rêves. On a tendance à penser que ce que l’on ressent quand on rêve, que les émotions que l’on éprouve quand on rêve sont provoquées par le rêve, mais ce n’est pas le cas. C’est habituellement l’inverse : les rêves sont dus aux émotions préexistantes en soi.

Le mental essaie d’expliquer les émotions que l’on ressent. Il crée des images comme explications pour les émotions que l’on ressent. C’est la conception de beaucoup de rêves. En considérant son rêve après coup, on a l’impression que c’est le contraire : « J’ai ressenti de la peur, parce que j’ai vu cet épouvantable monstre qui me poursuivait pendant le rêve ». Non, il y a en vous cette émotion, une peur intense, et le mental ne sait qu’en faire et il crée alors une image correspondant à l’émotion. Cette image est devenue le rêve. Il traduit l’émotion en images. Vous les voyez là et vous confondez alors la cause et l’effet.

Le rêve est l’effet de l’émotion sous-jacente. L’émotion sous-jacente est là à cause de la conscience égoïque qui crée une réalité déplaisante et beaucoup d’émotions négatives qui sont complètement inutiles. Elles sont créées par l’égo avec son système délirant paranoïaque et bien d’autres dysfonctionnements.

C’est intéressant, parce que cela peut aussi s’appliquer à la vie quotidienne, par exemple aux dysfonctionnements dans la conscience humaine. J’ai observé une personne qui souffre de paranoïa. La paranoïa veut dire que l’on voit des ennemis ou que l’on se sent persécuté, suivi par des gens ou des groupes de gens. On interprète faussement la réalité. En regardant ça de plus près, j’ai vu qu’il y avait une peur intense en cette personne.

La peur ne pouvait pas être expliquée par la réalité de cette personne, parce que sa réalité était sans problème. Le mental devait expliquer la peur et le mental égoïque est venu avec un système délirant. Il dit : « Je suis effrayé à cause de cette personne qui me suit ». En fait, c’était juste quelqu’un qui se promenait. « Je suis effrayé, parce que ces gens me regardent pendant que je suis ici. Ils font partie de la conspiration gouvernementale. Ils ont tout un service chargé de me contrôler et c’est pourquoi j’ai une telle peur ».

Là encore, c’est l’inverse. Et pour finir, La personne se retrouve avec au moins cent personnes chargées à plein-temps de la suivre et de la contrôler : « Ils sont tout autour de moi ». Le gouvernement doit consacrer un argent fou pour une seule personne ! Or, c’est parce que la peur s’est présentée là et que le mental essaie de l’expliquer, à partir de ce système délirant.

Ce qui est important, c’est la présence face au rêve de la vie ordinaire, d’y amener de plus en plus de présence. Cela changera également la nature de vos rêves quand vous dormez la nuit. Nous avons deux mondes oniriques ici, mais l’attention doit principalement être dirigée sur le monde onirique de l’existence ordinaire.

– Q. – Merci.

– E. – Merci.

Source : http://blogbug.filialise.com/

Partagé par : http://www.messagescelestes-archives.ca – Messages Célestes


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