Le KUNDALINI le feu spirituel du 33ème degré

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kundalini_2Il y a actuellement peu à dire sur cette force divine d’une puissance considérable que chacun d’entre nous possède potentiellement en soi. Tout ce qui concerne cette énergie est resté par prudence très secret, car il est dangereux de la manipuler. C’est pourquoi la connaissance de cette force est transmise de maître à disciple et, précisons-le, à des disciples suffisamment avancés dans le travail de purification physique, mental et moral.

Cependant, aux lecteurs désireux d’approfondir cet aspect particulier de l’ésotérisme, nous conseillons, pour une approche intellectuelle, l’ouvrage très érudit d’Arthur Avalon. Quant à nous, nous essayerons ici de formuler quelques indications simples en évitant la terminologie orientale souvent fort complexe pour les européens non familiarisés avec les termes sanskrits.

Kundalini est une énergie localisée dans les profondeurs des dernières vertèbres sacrées (d’où ‘origine ancienne et véritable du qualificatif « sacré »). Elle a reçu les noms les plus divers tel que Feu Serpent ou Mère du Monde. Cette dernière appellation lui convient d’ailleurs parfaitement car c’est elle qui vivifie nos différentes enveloppes de matière, de la plus subtile à la plus dense.

La Kundalini Shakti est aussi cette force qui, lorsqu’elle s’anime, se manifeste comme étant l’univers.

Kundalini est aussi appelée le pouvoir annulaire ou serpentin à cause de la manière dont elle progresse en s’élevant de centre en centre, c’est-à-dire selon une spirale en perpétuel mouvement.

Cette énergie hautement sacrée est un pouvoir occulte de feu électrique associé à l’azote des alchimistes ou à l’Akasha des hindous. C’est uniquement grâce à cette énergie que le monde peut exister et, en dernier lieu, c’est elle la force primitive qui sous-tend toute la matière organique et inorganique.

Ce grand principe divin étant partiellement endormi a besoin d’être éveillé afin de pouvoir s’élever. Cette élévation concerne toute la technique fondamentale des écoles ésotériques, surtout celles d’influence tantrique. Ainsi, selon la croyance habituelle, lorsque cette force s’élève dans le Brahma nadi (à l’intérieur du Sushumna), il s’ensuit une activité accélérée des centres psychiques et les canaux montant et descendant le long de l’épine dorsale sont débarrassés de  toute obstruction. Ce processus est dangereux, car il constitue une inversion des faits réels.

En fait, ce feu kundalini n’est tout naturellement élevé et conduit vers la lumière dans la tête que lorsque tous les centres sont pleinement éveillés et lorsque les chenaux situés le long de l’épine dorsale sont entièrement libres d’accès. Aussi est-il préférable pour les disciples de s’intéresser aux centres avant tout essai d’élévation de Kundalini.

Selon la tradition ésotérique, la montée de Kundalini a lieu lorsque l’âme agit par le centre coronal et lorsque celui-ci affirme son emprise sur les deux centres, cardiaque et coccygien, en connexion avec le nerf vague.

Kundalini subit d’autre part une certaine attraction causée par l’union des trois centres supérieurs (pituitaire, pinéal, Alta-Major).

A mesure que Kundalini s’éveille, elle accroît continuellement l’action vibratoire, non seulement des centres, mais aussi de chaque atome de matière dans les corps, éthérique, émotionnel, et mental. C’est pourquoi on peut dire qu’elle est le feu de la matière.

Lorsque apparaît la lumière dans la tête, Kundalini monte vers le haut en consumant tout ce qui obstrue son passage dans Sushumna et elle vitalise les cinq lotus se trouvant le long de l’épine dorsale, ainsi que les deux centres de la tête. C’est alors que les ventricules du cerveau et les aires vitales deviennent eux aussi actifs et produisent ce que l’on nomme « l’illumination ».

Voici résumés, par le Tibétain, les effets de la montée de Kundalini :

A) Elle agit sur la concentration de la conscience de soi au niveau des trois véhicules inférieurs, l’entraînant de haut en bas, dans une pleine expression et élargissant son contact sur les trois plans, dans les trois mondes.

B) Elle fait descendre de l’esprit triple, de plus en plus du feu de l’esprit, accomplissant pour le corps causal ce qui fait l’ego pour les trois véhicules inférieurs.

C) Elle provoque l’unification du supérieur et de l’inférieur et attire la vie spirituelle elle même. Quand ceci est fait, quand chaque vie successive voit son accroissement de vitalité dans ses centres, et quand la Kundalini dans sa septuple faculté sensibilise chaque centre, alors le corps causal même se révèle inadéquat pour l’influx de vie venant d’en haut.

Un autre témoignage, celui du Swami Sivananda Sarasvati, nous intéresse car il explique fort justement l’ascension de Kundalini :

« Ensuite, le Yogin s’élève tout le long de la Sushumna, de centre (lotus) en centre. L’ascension a lieu graduellement, grâce à de patients efforts. Même un simple choc à la base de la Sushumna procure un grand Ânanda (béatitude). Vous en êtes comme enivré. Vous en oubliez totalement le monde !

Quand l’ouverture de la Sushumna est un tant soit peu mise en branle, la force cosmique (Shakti) du « Serpent de Feu » (Kula kundalini) s’efforce de pénétrer dans la Sushumna. Il s’établit alors un grand Vairâgya (esprit de renoncement). Vous deviendrez impavide, vous contemplerez diverses visions. Vous admirerez la splendide lumière intérieure (antarjyotish). Cela s’appelle « unmaniavasthâ ». Vous obtiendrez différents pouvoirs supra-normaux (siddhis), diverses espèces d’ânanda, plusieurs genres de connaissance en contrôlant et en exerçant les divers çakras.

Si vous avez maîtrisé le Mulâdhârâ chakra (le centre déjà conquis le plan terrestre. Si vous avez maîtrisé le centre situé au niveau de l’ombilic (Manipûra çakra), vous avez déjà conquis le feu. Le feu ne vous brûlera pas. Les Pancha-dhâranâs (cinq espèces de concentration) vous aideront à conquérir les cinq éléments. Apprenez-les sous la direction d’un maître spirituel (ou gourou) qui soit un vrai yogi ou ascète. » {La Pratique de la Méditation de Swami Sivananda Sarasvati, p. 32 Ed. Albin Michel.)

Dans le symbolisme maçonnique, Kundalini peut être identifiée à Chiram, celui-ci étant l’équivalent du feu spirituel remontant à travers les trente-trois degrés (voyez le chapitre sur la colonne vertébrale), ou segments de l’épine dorsale, et qui pénètre dans le dôme de la chambre haute (le crâne), passant finalement dans le corps pituitaire- (Isis) où est évoqué Râ (pinéale). Alors seulement le mot sacré et secret est révélé. Moïse est également un exemple type de l’initié parvenu à la Transfiguration résultant d’une élévation de Kundalini au sommet de la tête.

On pourrait aussi parler du caducée d’Hermès, symbole adopté par nos médecins modernes et représentant Kundalini s’élevant avec Ida et Pingala vers la glande pinéale ; les ailes représentent la libération vers les mondes spirituels et bien entendu la libération de toute souffrance ou maladie.

Nous trouvons en Inde un grand nombre d’objets ayant une signification identique, qu’il s’agisse du bâton des brahmanes à sept noeuds ou des baguettes portées par les initiés Todas du sud de l’Inde. Nous voyons là encore que le symbolisme est universel.

On ne saurait trop répéter, surtout de nos jours, que bien trop nombreux sont les gourous de l’Inde à prétendre élever ce feu sacré par leur seule présence. De même, peuvent être dangereux dans des mains inexpertes les enseignements livresques cherchant à dévoiler des méthodes pour éveiller le Feu Serpent.

En fait, même la préparation qui précède la pratique d’éveil de Kundalini est fort longue et nécessite patience et courage.

L’énergie de la vie, nous le savons, s’élève naturellement en chacun de nous par Ida et Pingala ; ceci concerne la vie de l’homme moyen jusqu’au disciple. Jusqu’à ce stade, une école initiatique traditionnelle, des ouvrages, des conférences, bref, toutes les études théoriques et pratiques seront largement suffisantes et ne présenteront aucun danger pour l’étudiant. Même une approche solitaire peut être fructueuse.

Tout se complique lorsqu’il s’agit d’unir Ida et Pingala et de les fusionner dans la Sushumna.

C’est uniquement là qu’un maître est indispensable, car la force qui s’élève ira géométriquement de centre en centre, formant un certain nombre de figures triangulaires. Cependant le circuit que doit prendre Kundalini est, différent pour chaque individu selon son stade d’évolution spirituelle et selon l’activité de ses centres. Voilà pourquoi des instructions précises quant au cheminement du Feu Serpent ne peuvent être données que personnellement par un haut adepte ayant lui-même maîtrisé Kundalini, ce qui est au demeurant fort rare.

Aussi, lorsque l’on dit que le maître arrive quand le disciple est prêt, il s’agit d’un disciple qui, à nos yeux, pourrait déjà apparaître comme un très grand initié. Cependant, vis à vis d’un maître, il ne sera qu’un simple disciple. Cela pour nous amener à plus de modestie concernant notre état. Les archives des maîtres de sagesse admettent qu’en restant très optimiste un disciple sur mille est prêt à aborder ce délicat travail, surtout en Occident où la vie moderne et polluée ne se prête guère à l’ascétisme rigoureux que se doit d’observer un tel pratiquant.

Rappelons pour finir que Kundalini peut être salvatrice ou destructrice selon le degré de préparation du disciple et le maître Asanga (fondateur du Tantrisme) résume très justement cette prudente préparation :

« Découvrez le serpent de l’illusion à l’aide du serpent de la sagesse et ensuite le serpent endormi montera vers le lieu de rencontre. »

http://rustyjames.canalblog.com/

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