L’éveil de la conscience intérieure (2/10)

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La conscience planétaire

Afin de prendre un peu de recul, récapitulons brièvement les grandes étapes de l’évolution ayant mené à l’apparition de notre espèce en ce monde. Rappelons d’abord que la matière même composant nos corps a été enfantée par un lent processus de gestation entamé il y a plus de 15 milliards d’années. Forgés dans l’explosion d’étoiles massives appelées supernovas, seules capables de créer les conditions de leur formation, nos atomes ont cheminé à travers un si grand nombre d’espèces que l’ensemble des millions de formes de vie peuplant notre planète aujourd’hui ne représenterait, selon la science, qu’environ 1% des milliards de formes de Vie qui nous ont précédé. Héritiers de cette prodigieuse chaîne de Vie, nous sommes, disent certains, l’instrument que se sont données les étoiles pour se contempler.

Poussés par le besoin de survivre, nous avons commencé à communiquer, à parler, à partager le fruit de notre expérience, à développer notre intelligence, à façonner des outils, à cultiver nos aliments, à édifier des demeures de plus en plus solides, à créer des civilisations. Et nous nous sommes multipliés. Nous avons occupé la Terre entière. Nous avons bâti des temples et des cathédrales pour honorer l’esprit divin dont nous avons senti la présence en nous et discerné la signature dans tout ce qui nous entoure. Nous avons cherché à comprendre les lois de l’univers et entrepris d’explorer le minuscule coin de galaxie où nous vivons.

Et nous avons pris conscience de notre petitesse dans cet univers aux dimensions sidérales pour enfin réaliser, après des millénaires de guerres fratricides et de destruction aveugle de notre environnement naturel, que notre avenir et celui de nos enfants est intimement lié à celui de notre propre planète. Stimulée par la vue des premières images de notre Terre vue de l’espace, évocatrices à la fois de la fragilité de la Vie et de son unique beauté, notre conscience s’est élargie pour aujourd’hui englober l’ensemble de la biosphère terrestre. Une conscience planétaire s’est éveillée en nous avec la réalisation de notre véritable place dans l’univers…

Cette conscience humaine qui nous habite n’est elle-même que l’embryon d’une Conscience universelle qui émerge peu à peu au fil des temps de sa gangue de matière dense, poursuivant ainsi son éternelle quête de connaissance et de révélation de sa propre nature infinie et éternelle. À travers nous et à travers toute Vie sur Terre et dans l’univers, cette Conscience universelle manifeste Sa présence et déploie Son infinie créativité, laissant en chemin des millions d’indices à Ses créatures pour qu’elles retrouvent le Chemin du Retour à la Lumière primordiale d’où nous sommes tous issus.

Avant de cheminer plus avant dans notre récapitulation des phénomènes de l’évolution grâce auxquels nous sommes parvenus au point où nous en sommes aujourd’hui, et avant de spéculer sur les devenirs possibles qui nous attendent sur la voie de notre évolution future, prenons quelques instants pour considérer l’essentiel des thèses défendues par deux scientifiques britanniques qui, chacun à sa façon, ont grandement contribué à façonner la nouvelle perception du monde qui émerge aujourd’hui.

Bien que souvent citée, l’hypothèse Gaïa, voulant que la Terre dans son ensemble soit comparable à une sorte de super-organisme vivant, est encore fort peu connue et les nombreuses découvertes fascinantes faites par son principal auteur, James Loveloch, méritent d’être mentionnées.

Quoique généralement peu admise par la communauté scientifique traditionnelle, dont la grille d’analyse est fondée sur une perception mécaniste et réductionniste des choses, cette hypothèse a au moins le mérite de nous faire découvrir sous un tout autre jour notre propre planète et notre rôle éventuel en tant qu’espèce. Voici donc en quoi consiste cette théorie et, tout d’abord, comment elle a pris naissance…

C’est en 1965, alors qu’il travaillait pour la N.A.S.A., que James Loveloch, chimiste, biologiste et inventeur, eut pour la première fois un pressentiment intuitif de l’hypothèse grâce à laquelle il deviendrait plus tard célèbre dans le monde entier. On avait alors demandé à l’équipe de chercheurs dont il faisait partie de mettre au point une série d’expériences scientifiques que l’on voulait placer à bord du premier satellite Voyager qui serait bientôt envoyé vers Mars dans le but de détecter s’il y avait ou non présence de Vie sur cette planète.

Voici le raisonnement qui l’a conduit à son étonnante découverte. Si la Vie est présente sur une planète, elle devrait nécessairement avoir modifié substantiellement la composition chimique de son atmosphère, tant par son utilisation de l’air que par ses rejets métaboliques tels l’oxygène et le méthane, de telle sorte que toutes ces modifications de l’équilibre chimique naturel puissent constituer une signe révélateur presqu’infaillible de la présence de la Vie. De ce point de vue, la composition chimique de l’atmosphère de Mars et de Vénus témoigne de l’absence de toute Vie, ce qui a bien sûr été confirmé depuis, avec la présence massive de gaz non-réactifs comme le gaz carbonique. Par contraste, la présence de la Vie sur Terre a totalement modifié l’atmosphère qui contient une forte teneur de gaz très réactifs, tels l’oxygène et le méthane, ce qui, du point de vue chimique, est une état de déséquilibre très instable. Par ailleurs, il n’y a que .03% de gaz carbonique dans l’atmosphère, alors qu’en théorie, s’il n’y avait pas de Vie sur Terre, cette proportion serait considérablement plus élevée.

Et c’est alors que Loveloch eut cette pensée stupéfiante : Se pourrait-il, se dit-il, après s’être rappelé que cet état de permanent déséquilibre chimique perdure depuis plus de 3,6 milliards d’années, que l’ensemble de tout ce qui vit sur Terre, guidé par une invisible intelligence collective, maintienne par un effort concerté les conditions chimiques et climatiques les plus favorables à son existence continue?… Après des années de réflexion, Loveloch en est depuis venu à la conclusion que c’est bien la Vie, en harmonisation constante avec l’évolution géologique de son environnement physique et chimique, qui a littéralement modelé l’environnement terrestre tel que nous le connaissons.

Semblable à un arbre dont l’écorce est la seule partie vivante, le globe planétaire s’est doté d’une peau vivante, composée de myriades de bactéries, d’animacules unicellulaires, de plantes, d’insectes et d’animaux qui, tous ensemble, par leur activité métabolique et leur prolifération plus ou moins grande, ont depuis des milliards d’années contrôlé la teneur des composantes chimiques et les conditions climatiques de la Terre de façon à perpétuer l’existence de la Vie. De là à conclure que cette collectivité biophysique est vivante et dotée d’une certaine forme d’intelligence capable d’auto-régulation, il n’y avait qu’un pas que Loveloch et des millions de personnes depuis n’ont pas hésité à franchir.

Quant au nom « Gaïa », le nom que les anciens Grecs donnaient à la déesse de la Terre, il a été suggéré à Loveloch par un de ses amis, William Golding, un écrivain et érudit en études classiques. Rarement un tel mariage de la science et de la religion aura-t-il été plus heureux et approprié, car cette vision presque mythique de notre planète vivante est devenue aujourd’hui un des principaux catalyseurs de l’éveil de la conscience planétaire qui se répand comme une traînée de poudre à travers le monde. Mais vous doutez peut-être encore que tel soit bien le cas. Comme le veut l’idée conventionnelle véhiculée par une science qui ne sait que rarement voir plus loin et plus grand que le bout de son microscope, vous êtes peut-être sous l’impression que la Terre n’est qu’une vulgaire boule de roche où la Vie est apparue par hasard, par une méthode que la science va sûrement parvenir à découvrir un jour, et que c’est tant mieux qu’il en soit ainsi sans quoi nous ne serions pas là pour en parler.

Cette espèce de suffisance arrogante véhiculée par toute la société occidentale, qui se croit supérieure par sa rapide conquête de la Nature grâce à la science et à la technologie, imprègne encore tout le tissu social et se dégage, sans qu’il n’y paraisse, de nombreux livres et d’une multitude de produits culturels que les médias et la télévision propagent à la grandeur du monde. Pourtant, rien n’est plus faux. Nous ne sommes pas supérieurs. Nous n’avons pas conquis la Nature. Et notre science n’explique encore que bien peu de choses comparé à tout ce qui est encore inexpliqué. En fait, en ce qui concerne l’idée de la Terre vivante, prenons quelques-unes des constatations qui ont mené James Loveloch à élaborer son hypothèse Gaïa, et nous verrons qu’il y a effectivement là, à tout le moins, matière à réflexion. Je tire en partie les informations qui suivent du troisième livre de Loveloch, « Healing Gaia, Practical Medecine for the Planet », publié en 1991.

Source : http://earthrainbownetwork.com

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