Par Eckhart Tolle

D’abord sur un chien et son reflet, ensuite sur Dieu qui semble ne pas vouloir agir pour améliorer les choses, deux questions qui permettent comme toujours à la Conscience de se déployer à travers la Présence d’Eckhart et ses deux magnifiques réponses. Cela peut éventuellement aider à se reconnecter à la Réalité.

1ère partie sur 4 d’une série de questions posées à Eckhart Tolle.

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Les chiens pensent-ils?

Quelqu’un se réfère ici à ma causerie sur le soufisme dans laquelle j’ai raconté une petite histoire impliquant un chien. C’est une histoire soufie. Il s’agit d’un chien très assoiffé qui s’approche d’un étang ou d’une mare d’eau et qui a un mouvement de recul à chaque fois qu’il voit son reflet dans l’eau. La personne qui pose la question indique que j’ai dit que le chien pensait que son propre reflet était un autre chien. De nombreuses fois, le chien fit un bond en arrière jusqu’à ce que finalement, ne pouvant plus supporter sa soif, il se précipita à l’eau et le reflet disparut.

Le reflet est ici une métaphore pour l’égo. Et la personne demande : Vous avez dit dans votre vidéo « La sagesse du soufisme » que le chien regardât l’eau et pensa qu’il y avait là un autre chien. Vous avez également dit, dans une autre causerie, « Penser ou ne pas penser » (le titre de la causerie) que les chiens ne pensent pas. Qu’est-ce qui est vrai alors ?

En racontant cette histoire de chien voyant son reflet, il est bien possible que j’aie dit que le chien a pensé voir un autre chien. Il aurait bien sûr été plus exact de dire que le chien a confondu son reflet dans l’eau avec un autre chien. Si j’ai dit que le chien a pensé, c’est juste une façon de parler et cela n’implique pas que j’ai voulu dire que le chien s’était engagé dans un processus mental discursif au cours duquel son mental aurait déclaré : « Oh, mon dieu, il y a un autre chien ici ! ». Il est évident que les chiens ne pensent pas de cette façon discursive.

Donc, le chien voit un autre chien et le chien est à un état prémental de conscience où il réagit, parfois le mot que nous utilisons est “instinctivement” sans besoin de passer par un processus mental aboutissant à une décision, avec le mental qui dépendrait de la verbalisation, de la voix intérieure. Le chien voit quelque chose et il y a un savoir immédiat qui n’est pas conceptuel, qui est dans ce cas erroné. Le chien était dans une activité consciente, mais cette activité consciente n’est pas de la conscience qui est devenue de la pensée. C’est de la conscience à un stade prémental et tous les animaux sont conscients de cette façon. Ils ne pensent pas et ce qu’ils font ne provient donc pas du penser.

Quand les humains vont au-delà du penser, quand ils transcendent le penser, ce qui concerne cet enseignement… « Transcender le penser » ne veut pas dire que l’on ne pense plus, mais on se trouve au-dessus du penser, dans l’état de présence dans lequel le penser peut toujours fonctionner mais en ne dominant plus. Il y a donc une similitude entre le stade prémental et l’état postmental. Quand l’être humain s’élève au-dessus du penser, très souvent, il regarde ou écoute dans cet état de présence vigilante et un savoir survient qui a certaines similitudes avec les réactions instinctives d’un animal, mais une dimension est ajoutée à ce savoir qui n’est pas présente en l’animal. Le chien n’a donc pas pensé qu’il y avait là un autre chien. Le chien a regardé et il lui a semblé, sans aucune verbalisation, qu’il y avait un autre chien et il a réagi directement. C’est tout.

On peut en apprendre beaucoup en regardant un animal, en étant avec un animal, en observant ses comportements, ce qu’il fait. En particulier ceux qui vivent auprès des humains, tels que les chiens et les chats, les animaux peuvent nous aider parfois à être dans cet état sans pensées. Cela ne veut pas dire que l’humain va retomber en dessous de la pensée, il va au-dessus de la pensée. La présence d’un animal peut aider beaucoup pour sortir du penser et de l’identification au penser. Observez simplement comment un animal se repose. Il est alors totalement au repos. Observez son caractère joyeux, etc.

Il y a un petit livre que j’ai produit, une bande dessinée, une belle bande dessinée, intitulée « Gardiens de l’être » qui sont, comme je le dis, les animaux qui vivent près des humains.

Pourquoi y a-t-il tant de souffrance dans le monde ?

Pourquoi y a-t-il tant de douleur et de souffrance dans le monde ? S’il y a une conscience divine omnisciente, comment peut-elle alors permettre que des bébés naissent dans de telles atroces circonstances, dans des pays comme le Soudan, etc. ?

Pour donner une réponse complète à la question sur la souffrance humaine ou la souffrance d’autres êtres également, donner une réponse complète nécessiterait une compréhension totale du but de l’univers au niveau conceptuel, c’est-à-dire là où le mental humain fonctionne, et aucun être humain n’a cela, ni ne pourra jamais avoir cela, parce que le but total de l’univers va bien plus loin que tout ce qui peut être compris à travers les concepts fabriqués par le mental. Personne ne peut donc donner une explication complète, mais nous pouvons trouver une approximation, nous pouvons avoir des aperçus de la compréhension du but de la souffrance de l’humanité sur la planète.

Donc, ce à quoi je vais m’appliquer ici, c’est vous donner de tels éléments de compréhension. Ce n’est pas une vision complète, il ne peut pas y en avoir pour le mental humain conceptuel. Une compréhension complète est possible, mais elle est totalement au-delà des concepts. Ce n’est donc rien que je puisse verbaliser, jamais de façon conceptuelle. C’est impossible.

Quand vous considérer la souffrance humaine, vous commencez avec votre propre vie, parce qu’y a-t-il quelque chose que vous pouvez apprendre ou que vous avez appris de votre propre vie ? Donc, en donnant la réponse, je vais considérer ma propre vie et voir l’utilité de la souffrance que cette forme a traversée. Et je peux voir très clairement, maintenant, je ne pouvais pas le voir quand j’étais en plein dans la souffrance. Ma souffrance était principalement psychologique, mais elle peut être aussi intense que la souffrance physique. Il y a les deux niveaux.

Je ne comprenais pas le sens quand j’étais embourbé dans la souffrance, mais maintenant que j’en suis sorti, je comprends que sans la souffrance, je n’aurais pas évolué. Ma conscience ne se serait pas éveillée de l’identification à la forme, à l’égo et aux pensées. Je peux donc voir très clairement que j’avais besoin de traverser ça pour que l’éveil se produise. Si j’avais été épargné de cette souffrance, l’éveil n’aurait pas eu lieu, la conscience ne se serait pas éveillée, je ne serais pas assis ici en train de vous parler et vous ne seriez pas assis là en train de m’écouter.

Très souvent, quand on se pose des questions universelles, on commence avec sa propre vie, parce qu’il y a une maxime qui est toujours applicable : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Donc, pour avoir un aperçu du but de l’univers, très souvent, considérer votre propre vie peut être d’une grande aide, parce que ce qui est vrai dans la vie de l’individu sera vrai aussi au niveau universel ou à l’échelle universelle. De surcroît, beaucoup de gens sont venus me voir au cours des années et m’ont dit que ce que j’ai vécu, la souffrance suivie par l’éveil, leur était arrivé également.

Énormément de gens ne seraient pas venus à cet enseignement s’il n’y avait pas eu une souffrance préalable. La souffrance les a amenés, non pas forcément à cet enseignement, mais à la dimension spirituelle. Dans beaucoup de cas, ce n’est pas un éveil immédiat, mais c’est une ouverture, un commencement du processus d’éveil. Énormément de gens m’ont donc dit que si telle chose ne leur était pas arrivée, la mort d’un être cher, s’il n’avaient pas contracté une maladie grave, s’ils n’avaient pas perdu tout leur argent, leur maison, leur travail – toutes sortes de souffrances –s’ils n’étais pas devenu SDF, s’ils n’avaient pas eu une dépendance qui les a presque tués, s’ils n’avaient pas vécu ce qu’ils ont vécu, ils ne seraient pas ici maintenant.

Nous avons déjà un petit aperçu de ce qui arrive à l’individu, de la place de la souffrance en l’individu. Voyons si cela peut s’appliquer et comment au niveau collectif, à l’humanité dans son ensemble. La question est formulée d’une manière que l’on voit souvent, même si en général, le mot « Dieu » est substitué au mot « conscience » : « S’il y a une conscience divine omnisciente, comment peut-elle alors permettre que des bébés naissent dans une souffrance aussi épouvantable ? » Comme je l’ai dit, la question a été posée de nombreuses fois sous différentes formes. S’il y a un Dieu, c’est la question conventionnelle, comment peut-il permettre toute cette souffrance, pour les bébés, etc. ? Les laisser naître dans la souffrance ?

La question repose sur le postulat qu’il y a un Dieu quelque part et que la vie se déroule ici, incluant la souffrance. La question postule donc qu’il y a quelque part une entité qui contrôle et qui est capable, soit de permettre la souffrance ou de ne pas s’en mêler, soit de supprimer la souffrance des humains, mais ne le fait pas. Et les humains en viennent alors à toutes sortes de conclusions. Ils disent : « Si Dieu peut soulager la souffrance mais ne le fait pas, c’est qu’il doit être malveillant ».

Les gens essaient de trouver la réponse à la question sans se rendre compte que la question même contient déjà un postulat erroné. Et le postulat erroné, c’est qu’il y a Dieu quelque part et la vie qui se déroule ailleurs. Dieu ou la conscience divine, comme c’est exprimé ici, est quelque part en train de contrôler les choses. Or, Dieu ou la conscience divine est présente en toute forme de vie. Dieu est présent en tant que l’essence de qui je suis. Dieu est présent en tant que la conscience même de qui je suis et de qui vous êtes et Dieu est en toute forme de vie, en tous les humains, à des degrés variables, la conscience, la conscience Une.

Dans ce sens, vous pourriez dire que… Je le répète, je donne des éléments et non pas des explications complètes. Elles ne sont pas possibles. En chaque humain qui souffre, vous pourriez dire que Dieu souffre également. Dieu souffre en cet humain et en tant que cet humain. Ce ne sont pas là des explications ultimes, je dois le redire. Faites attention. Je vous donne des petits éléments à considérer. Il y a le Dieu souffrant. Cela n’évoque-t-il pas quelque chose de connu ? Où est-ce que j’ai déjà vu ça, le Dieu souffrant ? Ah oui, la dernière fois que j’ai été dans une église, j’ai vu le Dieu souffrant sur la croix, cloué sur la croix. C’est là où je l’ai vu.

Il peut donc y avoir une vérité très profonde dans cette image que l’on a pu voir depuis fort longtemps et certains disent même bien avant le christianisme, l’image d’un Dieu souffrant. Il peut y avoir une vérité ici dans cette image qui, peut-être, ne peut pas être traduite en mots, mais c’est une image archétypale. Nous appelons cet archétype Jésus ou Jésus-Christ, mais si Jésus est un archétype, Jésus est chaque être humain et la souffrance est de la souffrance archétypale qui se produit quand la conscience s’identifie à la forme, quand la conscience entre dans cet état onirique de l’identification à la forme de sorte que la forme apparemment individuelle ne soit plus consciente de sa source divine, la vie Une dont elle est une expression temporaire très éphémère.

Et si la forme en était consciente, ce serait la fin de la souffrance, si vous étiez conscients de votre source éternelle, intemporelle. Mais la plupart des humains n’en sont pas conscients. Il y a une autre hypothèse erronée qui sous-tend la question, à savoir que chaque être humain est une entité séparée, avec une identité distincte. Or, chaque humain n’est qu’une expression éphémère de la conscience Une.

La souffrance semble insignifiante quand on considère une vie individuelle, laquelle peut ne durer qu’un an, qu’un mois, que quelques mois, être très courte, arrêtée prématurément. La souffrance semble insignifiante quand on considère l’humain comme entité séparée. On peut considérer la possibilité que l’être humain apparemment séparé puisse être une expression temporaire de l’Unique qui sous-tend le multiple. Permettons la possibilité que toute la souffrance humaine soit ultimement la souffrance de Dieu quand Dieu tente de venir en ce monde. C’est parfois appelé la descente de la conscience dans la matière et toute souffrance peut faire partie du processus d’éveil de l’humanité, les affres de la naissance de la conscience qui s’éveille ici et l’éveil est la désidentification d’avec la forme.

S’il en est ainsi – nous avons déjà vu le rôle de la souffrance dans la vie individuelle – si cela s’applique à la totalité, la souffrance éventuelle de chaque humain apparemment individuel n’est alors pas vaine. Elle semble vaine si vous considérez l’individu comme totalement séparé, mais cet individu fait un avec la totalité. Il est une expression temporaire de l’Unique. Chaque forme de souffrance fait ultimement partie du processus d’éveil, le précède ou représente un processus inévitable sans lequel l’éveil de l’humanité ne se produirait pas.

Tout cela ne veut pas dire que la souffrance ne doit pas être soulagée là où vous la voyez, parce que cela fait évidemment partie de l’éveil de reconnaître que vous et l’autre faites ultimement un. Ainsi, vous pouvez sentir la souffrance d’un autre être humain comme étant presque la vôtre. Vous apportez alors votre aide, ce qui fait aussi partie du processus d’éveil.

Cela a donc déjà été là depuis plus de deux mille ans dans l’image archétypale de Jésus sur la croix. Jésus est chaque être humain. En outre, comme je l’ai déjà indiqué, la croix n’est pas seulement le symbole de la souffrance. La croix est aussi le symbole du divin. Et nous avons ici l’explication de quelque chose que personne n’aurait été capable de traduire en mots. Une image peut être beaucoup plus puissante. Elle n’a pas besoin de passer par des structures mentales conceptuelles. J’en parle maintenant, parce que le pouvoir de cette image a été presque perdu.

La croix est le symbole de la souffrance et en même temps, elle est le symbole de Dieu ou du divin. Dans la juxtaposition ou la fusion de ces choses apparemment inconciliables, la souffrance et le divin, se trouve déjà une explication. Il s’y trouve déjà une réponse à votre question. L’implication est profonde, à savoir que la souffrance et le divin ont un seul but. Le divin souffre. Quand il s’identifie à la forme, il crée cette réalité, tous les enseignements spirituels insistant sur le fait qu’elle n’est ultimement pas réelle, ultimement pas réelle.

Et quand l’individu s’éveille et se rappelle sa souffrance, il a comme l’impression d’être sorti d’un rêve et la même chose s’applique à l’ensemble de l’humanité. Quand il y a un éveil collectif, les humains reviennent sur leur propre histoire et se rendent compte que ce fut comme un rêve qui est devenu un cauchemar, mais c’était un stade nécessaire dans l’évolution de la conscience.

Dans notre réalité, dans cette dimension, on pourrait quasiment dire qu’il semble y avoir un processus où Dieu arrive plus pleinement dans cette dimension même. Quand les humains s’éveillent, la conscience divine arrive plus pleinement dans cette dimension. Et le processus où la conscience divine arrive plus pleinement dans cette dimension comprend ce qui nous apparaît comme la souffrance.

Dieu est bien sûr la vie intemporelle non manifestée, la vie sans forme intemporelle non manifestée qui sous-tend toutes les manifestations. Dans cette dimension, rien n’arrive jamais à Dieu. Dieu est complet et absolument éternel et intemporel. Or, quand nous regardons Dieu de notre perspective extrêmement limitée, dans ce monde des formes apparemment physiques, il nous semble qu’il y ait en Dieu un processus de développement, dans la conscience. En d’autres termes, il nous apparaît que le monde devient peu à peu plus conscient. C’est une croissance de conscience à travers les formes. La conscience s’identifie d’abord aux formes et réalise ensuite sa propre essence sans forme. C’est une chose étonnante.

Et quel est le résultat de tout ça ? Là encore, je donne juste une image et non pas la vérité ultime, parce que l’on ne peut pas comprendre de façon conceptuelle. Il y a un dicton dans le bouddhisme qui dit : « Ultimement et finalement, même chaque brin d’herbe sera illuminé ». Cela veut dire que la destinée de l’univers physique, c’est ultimement, semble-t-il, se reconnaître lui-même en tant que Dieu et cela s’appelle la fin du monde.

Et c’est aussi la fin de cette réponse.

Traduction Robert Geoffroy, vidéo visible sur http://blogbug.filialise.com

Partagé par : www.messagescelestes-archives.ca – Messages Célestes


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